Δευτέρα, 25 Απριλίου 2016



         

Dimitris Baltas

Père Serge Boulgakov, Ma vie dans l’Orthodoxie. Notes autobiographiques, trad. I. Rovere-Sova, M. Rovere-Tsivikis, Éditions des Syrtes, Genève 2015, 255 p.

Dans ce texte, je vais présenter la traduction française publiée récemment des Notes autobiographiques de l’éminent philosophe religieux russe, P. Serge Boulgakov (1871-1944), aux Éditions des Syrtes.
Les Notes autobiographiques ne sont pas seulement une juxtaposition des différentes époques de la vie de l’auteur, en particulier ses années dans son pays natal (pp. 11-40), son ordination sacerdotale (pp. 51-84), les voyages qu’il a entrepris après son exil de Russie (pp. 139-153, 173-179 et 181-206) et, enfin, sa maladie (pp. 207-225). Ce récit donne plutôt au lecteur un aperçu de l’attitude de l’intellectuel, critique envers le destin de son pays et lui-même.
Pour Boulgakov, l’Eglise constitue les gens, parce que «dans l’ Eglise, il n’ y a pas de  ΄΄peuple΄΄, il n’ y a pas que l’ Eglise, unique pour tous et qui fait l’ unité de tous» (p. 23). Dans l’Église, les personnes, dont le philosophe russe a également fait partie, assument «la vérité par la beauté et la beauté dans la vérité» (p. 24).
Bien que Boulgakov ait toujours vécu «dans la foi et par la foi» (p. 39), il a est néanmoins passé par l’athéisme, le nihilisme et la rébellion de l’intelligentsia russe (p. 42, p. 46, p. 53). Il se demande: «comment j’ ai pu si longtemps demeurer dans cette torpeur, cette léthargie spirituelle»  (p. 47) et continue à admettre qu’ il a gardé «la nostalgie de la religion» (p. 55).
Un événement marqué est le jour de son ordination dans une église de Moscou, en présence de ses amis: «Je veux mentionner P. P. Florensky, M.A. Novoselov, B. Ivanov, N. Berdiaev, P. Struve, Prince E. Troubetskoï, L. Chestov ... » (p. 63). Boulgakov qualifie ce jour de journée de «joie générale» (p. 63).
Dans le chapitre où Boulgakov se réfère aux années de son sacerdoce, le lecteur peut discerner une attitude très critique envers l’Église historique-institutionnelle et l’orthodoxie. Par exemple, le philosophe russe se demande: «Dans quelle mesure et dans quel sens peut-on considérer l’ orthodoxie comme possedant exclusivement  l’ ecclésialité, au point de voir la non-orthodoxie ou la hors- orthodoxie comme une non-Eglise?» (p. 68). Il est certain que ce point de vue serait fortement critiqué par les chrétiens conservateurs, qui vont trouver ici une tendance à l’œcuménisme. Je tiens à souligner, cependant, que dans son « autobiographie », Boulgakov ne prévoit pas d’analyse systématique de l’ecclésiologie.
D’ailleurs, il faut noter que pour Boulgakov, en plus de la outre l’orthodoxie « historique », il y a aussi «l’ avenir, l’ eschatologie, cette attente du Christ qui vient … L’ orthodoxie n’ est pas seulement possession d’ une richesse donnée, elle est aussi prophétie, apocalypsis…»» (p. 82).
Plusieurs extraits de ce livre sont susceptibles de surprendre les lecteurs. Par exemple, alors que Boulgakov affirme qu’ il n’ était « monarchiste au sens politique du terme» (p. 106), il est néanmoins favorable à ce que le tsar représente (p. 131).
Concernant la Révolution de 1917, Boulgakov la décrit comme une «tragedie» (p. 105). Se référant à la Révolution de 1917 et l’effondrement du tsar et du tsarisme, Serge Boulgakov tente une comparaison entre la tragédie antique d’Œdipe et la tragédie du tsar et du tsarisme, une comparaison qui, selon lui, conduit à leur destin tragique commun: «Œdipe devait tuer son père … qu’ il le veuille ou non. Nicolas II ne pouvait pas être un meilleur monarque que ce qu’ il a été» (p. 107).
Boulgakov continue de critiquer les intellectuels russes conservateurs, qui «vivaient du passé, pour ne pas dire dans le passé» (p. 113). Son exclamation est très significative: «Comme me sont devenus insupportables tous ces propos slavophiles irresponsables»  (p. 153).
Voilà ce que l’on trouvera, entre autres choses intéressantes, dans les Notes autobiographiques de Boulgakov. Il est certain que ce livre ne se limite pas aux événements de sa vie personnelle ou familiale. Je pense que le lecteur devrait considérer le point de vue de Boulgakov avec un esprit objectif et critique, en adoptant une approche non dogmatique et examinant attentivement le contexte de ses déclarations.
Il est également possible que les différentes approches de Boulgakov, en particulier en ce qui concerne les questions ecclésiastiques (par exemple, les évêques, l’œcuménisme de l’Eglise), soient tout à fait pertinentes pour notre époque, car elles ont fait l’objet de discussions et de débats souvent fructueux entre théologiens contemporains.



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